Cap au pire

Cap au pire
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Communément on parle du syndrome de la page blanche, mais Beckett ici renverse le problème et nous parle de la plus sombre pénombre et du néant dans la narration qu’il fait de la pire histoire possible. La comédienne Évelyne Didi nous invite, dans une petite pièce close et obscure, en nombre de spectateurs réduit, dos à nous, face au même néant que nous, à une lecture éprouvante de « Cap au pire ». Elle nous plonge dans cette lutte de l’esprit qui pousse à bout toutes les logiques possibles jusqu’à la déconstruction totale, grâce à un dispositif scénique qui propose un théâtre perceptif et quasi immersif. Dans ce noir, la lectrice tente de s’accrocher à des sources de lumière éphémères qui lui échappent : une lampe, une projection au mur ou bien une torche. C’est un travail intelligent qui unit les spectateurs et la comédienne dans un même effort mental de concentration et de confrontation à l’élaboration même d’une « non-œuvre ». Il faut relever le défi et aller vivre cette expérience singulière.

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