Marguerite D.

Marguerite D

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Habile montage d’entretiens, le texte restitue avec efficacité quelques-uns des « biographèmes » durassiens : l’enfance en Indochine, la mère, le frère « de légende », l’amant chinois, la mendiante, l’alcool, Trouville, la chanson « Ramona »… « Je ne comprends pas toujours ce que je dis. Ce que je sais, c’est que c’est complètement vrai » : vingt ans après la disparition de l’écrivain, le spectacle suppose une vénération qui existe sans doute beaucoup moins. Censée prolonger « symboliquement » le propos, la présence silencieuse d’une marionnette, certes manipulée avec précision et délicatesse par Pascale Toniazzo, n’était peut-être pas indispensable. Mais Charlotte Corman, dans son incarnation de Duras, est remarquable. Une petite robe, de grosses lunettes, une perruque : la frêle silhouette se dessine. Par son jeu sobre, son timbre singulier, ses belles intonations, ses silences aussi, la comédienne obtient du public une concentration totale.

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