La Mort de Danton

La Mort de Danton
Par

(c) Victor Tonelli

Dans la pièce de Büchner, le rire de Danton est toujours le rire d’un fou courant à la mort, ce rire léger du jouisseur qui devient rictus désespéré à mesure que la guillotine jette son ombre souveraine. De cet humour noir, il ne reste dans la mise en scène d’Orsoni qu’un burlesque un peu vieillot et qui peine à faire sourire : un accent québécois surgissant par intermittence de la bouche de Danton, des lunettes de soleil franchement ringardes, un Saint-Just traversant la scène en chaussures à roulettes. À cela s’ajoutent des problèmes de distribution et de dramaturgie qui rendent la pièce totalement illisible. Passionnante aurait pourtant pu être l’obscurité si elle avait résulté d’un véritable parti pris moderniste, comme celui de creuser l’écart entre la transparence du langage révolutionnaire et l’opacité de ce qui est à l’œuvre dans ce langage, à savoir les mystères d’une révolution.

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