La nuit porte caleçon

La nuit porte caleçon
Par

« Je suis toujours stupéfait d’entendre des gens déclarer que le sport favorise l’amitié entre les peuples. » À cette déclaration de George Orwell, le dramaturge guinéen Hakim Bah (prix Théâtre RFI 2016) réplique par l’écriture de « La nuit porte caleçon », présenté pour la première fois au Studio Théâtre de Vitry. Dans un pays s’apprêtant à accueillir la Coupe du monde de football, les habitants d’un quartier défavorisé traînent leur misère sociale et affective, s’affrontant et se déchirant jusqu’à l’inexorable drame final. Si la mise en scène gagnerait à être resserrée, le texte de Hakim Bah résonne, puissant et incisif. Une langue de scansion et de répétitions lancinantes, ressassements quasi beckettiens au service d’une contemporanéité poignante. À la sortie de notre été olympique ponctué d’un implacable « nettoyage » des favelas, les sacrifiés du business sportif s’emparent du devant de la scène. Un match macabre et poignant.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

D'autres articles par