Assister à un spectacle de la Compagnie du Zerep, c’est entreprendre une irrésistible plongée dans l’absurde et le démantèlement la mécanique théâtrale. C’est accepter de prendre part à une performance minutieusement orchestrée où les interprètes cherchent à pousser le spectateur dans ses derniers retranchements, du rire jaune aux larmes hystériques.  Tout commence par la fin et par une ode à l’art du « spoil ». Les comédiens révèlent sans complexe, et dans le détail, les principaux ressorts comiques qui construiront le spectacle, ponctuant leurs interventions de « ils t’ont vraiment forcé à faire ça ? », « je te trouve très vulgaire dans la scène de la meringue…» . Puis, le rideau s’ouvre et laisse place à une série de fins de spectacles en guise de hors d’oeuvre : fin de Don Juan, fin de Clôture de l’amour, fin d’un spectacle de danse contemporaine etc. Enfin, sous l’oeil goguenard d’un Furby géant vomissant de la bile noir, quelques personnages extraits du bestiaire du Zerep, le lapin-garou – (mi lapin, mi garou), ou Louis II de Bavière se livrent à quelques galipettes. En somme, du grand et superbe n’importe quoi, excessif et précis. Les non-initiés se sentiront sans doute un peu seuls, les habitués s’en délecteront jusqu’à plus soif.

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