Boom Bodies joue sur la palette des gris et des tonalités métalliques, et l’ensemble peut laisser froid. Sur une musique minimaliste de Boris Kopeinig, les performers vibrent dans une danse collective et répétitive, volontairement anxiogène. Ils demeurent solitaires, chacun isolé dans sa crise convulsive, partageant seulement un alphabet de gestes simples. Si le propos est peut-être de mener le corps sur la scène jusqu’à ces derniers retranchements, ces dernières résistances, comme une virée de club en club qui ne s’achèverait pas, pour éprouver le public, alors c’est une réussite. L’idée de ce double défi tend pourtant à être galvaudée, et on retire peu de plaisir à ce spectacle, où les danseurs font preuve d’une indubitable énergie, à laquelle il manque néanmoins pour beaucoup la précision ou la virtuosité du geste, et leurs hauts-le-cœur récurrents finissent par en donner au spectateur, ou du moins le laisser dans une sournoise indifférence…

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

D'autres articles par