Le 6ème jour

Le 6ème jour, ce devait être celui de la création de l’homme. Mais Arletti, conférencière foutraque, a perdu la page. Elle cherche son texte. C’est bien la Genèse, qu’elle lit et commente devant nous. Alors même qu’elle raconte la formation du monde, le sien se déforme. Son cortège de petits objets utilitaires se détraque, tandis qu’elle trébuche, se cogne, mal adaptée à ce monde dont elle raconte l’émergence. Table trop haute, livre qui prend feu, inondation, à ses cotés, la création se disloque, l’entropie s’accélère. La gestuelle ultra codifiée du clown est là, mais Arletti va plus loin, nous invitant à rejoindre son tohu bohu sauvage et poétique. Elle pourrait être l’objet d’un 8ème jour à elle toute seule : après le repos dominical, ce jour serait celui des marginaux, intrus, inclassables. Cette inadéquation est un sauve qui peut, suggère Arletti. Catherine Germain est époustouflante. Quand sa créature enjambe le public, on voudrait la prendre dans nos bras, tout en hésitant. Elle est aussi attendrissante qu’anxiogène. C’est beau à pleurer.

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