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Une femme seule sur scène. Des cœurs glaçons au bout de perches qui vont fondre, lentement. Un frère absent : poitrine trouée, le cœur arraché, le sang en gouttes se figeant mangées par les moineaux qui rient. Banlieue grise, famille morne, envolées ferroviaires, ces évocations pulsées créent malaise chez le spectateur entraîné malgré sa tentative de reprise de conscience dans un onirisme d’autant plus fort que la voix est posée, neutre, affective sans excès. Cette double absence de pathos, pas d’hystérie non plus que de bonheur, rend infiniment présente cette dérive à l’offrande à tous de ce cœur qui s’offre meurtri. Et la traînée des gouttelettes de joie précède celle des conversions des humains qui les croisent. Il y a du joueur de flûte d’Hamelin dans cette errance. Il y a du talent dans ce jeu, de la force et beaucoup de puissance dans cette écriture.

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