La Bonne éducation

© Arthur Pequin

De même qu’un vaudeville en cache souvent un autre — Jean Boillot mettant en scène pas moins de quatre pièces en un acte de Labiche, un vaudeville cache également mille et une ressources subversives ; quand le comique survolté abîme et fissure ce qui bout encore de mœurs mondaines au sein d’un public de théâtre. Ainsi vivote l’herméneutique qui tonne de s’arrêter sur la trépidante actualité desdits textes : on la connaît, on la rabâche d’une verve scolastique… Il faut dire qu’elle est vraie : le vaudeville manque cruellement au théâtre public. Pourtant, un vaudeville ne doit pas oublier d’être parfois exactement ce qu’il est : du rire, et pas n’importe lequel, un esclaffement presque vulgaire et mécanique : « ça pulse », dirait-on. Quid, dans la « La Bonne Éducation » (second diptyque du spectacle, adapté de « La Fille Bien Gardée » et de « Maman Sabouleux ») de cette cruauté du vaudeville que la panoplie d’artifices esthétiques (la scénographie ne dépassant pas le désir de baroquisme) et rythmiques de Jean Boillot vient malheureusement décolorer ? Non pas qu’il oublie le comique (parfois très bon) : il a tendance à l’intellectualiser. Peut-être aura-t-on tellement voulu le faire parler, le vaudeville, qu’on oublierait un instant ce qu’il est.

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