« Ajouter du monde au monde »

La fin du monde évidemment
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C’est un spectacle courageux, simple et juste. Sans prétention ni attitude faussement empathique – ou pire, donneur de leçon -, Hervé Loichemol, armé de la dialectique de Diderot et de la poésie d’Aimé Césaire, se lance avec humour en terrain miné. La scène inaugurale désarme habilement toute tentation colonialiste et laisse la brèche nécessaire pour que des questions fondamentales surgissent. Irène, comédienne franco-suisse de passage au Bénin, soliloque, gecko en main et salacot sur la tête quand tout à coup, l’Afrique prend la parole depuis les gradins et s’apprête à bouleverser les discours et la représentation. Il sera alors question de l’universalité du théâtre, de son utilité, du vaudou, de régulation des flux, d’Europe et du Bénin. Travaillé avec les acteurs de l’école internationale de Théâtre du Bénin (FITHEB), le texte se faufile entre les pièges et parvient avec finesse à trouver les passages pour la lumière. En épilogue, l’insolence du verbe de Césaire résonne comme un appel à la lucidité, « des flambées de chairs et des flambées de villes », un cri de ralliement : « Il faut bien commencer. Commencer quoi ? La seule chose du monde qui vaille la peine de commencer. La fin du monde, parbleu ! »

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