Alice

DR

Pour la Compagnie des Xylophages, l’énorme psychédélisme du cauchemar passe par le chas du plus pauvre des théâtres. Quelques cœurs en carton, une manette de PlayStation et un échafaudage pour tribunal, voilà toutes les malices dont cette « Alice » avait besoin pour nous rejouer sa traversée, puisant à priori son inspiration autant chez Prévert que dans Kamoulox. Sans compter bien sûr la force suggestive des six comédien.nes eux-mêmes qui, dans le grand dynamisme qu’impose la scénographie quadrifrontale, exploitent toutes leurs capacités physiques et vocales avec une habile dextérité, des lointains claquements de langues aux royales vocalises hystériques. Dommage que la machinerie onirique, dans sa succession abrupte de tableaux, impose un traitement un peu corseté des situations et assagisse gentiment l’absurde. Lorsque l’énième héroïne s’effondre sur le sol en béton dans la seconde partie du spectacle, la troupe retrouve alors une liberté salvatrice, et par le secours de la distance et de l’improvisation, ils parcourent enfin cet art très irrationnel de la fuite.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

D'autres articles par