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« Fourberies » prétexte une fable ô combien revisitée pour se faufiler entre plusieurs voies  toxiques (pseudo-dépoussiérage, actualisation, conservatisme en costumes…). Ici, Scapin devient un astucieux dérailleur dramatique qui manipule et détourne la langue moliéresque elle-même pour arriver à ses fins malicieuses. Chaque scène s’infuse ainsi d’épiphanies contemporaines tandis que le dernier acte s’anime hardiment en une série de quasi-sketches digressifs autour des situations originelles. Produit par la Scène Nationale d’Albi, le spectacle use à la fois de détours comiques (répliques proférées à l’épuisement) et magiques pour élever un Scapin définitivement maître du drame — à la fois démiurge (activant parfois le dispositif son-lumière) et bouffon (s’amusant gaillardement d’artifices cheap)… Mais avant tout féru comédien : Scapin apparaît lui-même comme une allégorie du théâtre, que le spectacle aura déclenché par l’efficace truchement du rire. 

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