La traviata

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Simon Stone s’empare du carton opératique et l’adapte à la sauce millénials : tout y commence et tout y finit sur Instagram. Mais la story pour autant ne prime pas sur le storytelling. Le metteur en scène s’appuie sur un efficace plateau tournant qui rythme les séquences – recréant ces espaces cubiques qu’il affectionne au théâtre – et se livre à une fusion équilibrée entre épure scénographique et foisonnement kitsch (ainsi ce chœur des Bohémiennes néomondaines). En bonne héroïne postadolescente, Violetta (Pretty Yende en alternance avec Zuzana Markova) communique avec Alfred par Messenger et finit sa nuit dans le kebab du coin. Autrefois maîtresse de Dumas et de Liszt, cette Traviata 2.0 flirterait avec David Guetta. Servi par une direction musicale impeccable, Stone réactualise la tragédie avec élégance, tout en conservant sa tentative de mystique chrétienne malgré l’impossibilité de s’extraire du simple drame bourgeois.

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