(c) Christophe Raynaud de Lage

Spectacle musical évoquant le trajet migratoire de Yacouba Konaté, musicien et conteur ivoirien, « Le Jeune Yacou » s’inscrit dans la lignée des récits d’exils qui peuplent les scènes contemporaines ces dernières années. On sera pourtant surpris de sa programmation dans la sélection IN du Festival d’Avignon ; ce conte, malgré le fait toujours précieux qu’il soit un témoignage d’une expérience migratoire et de la possibilité de s’en sortir, ne possède ni la recherche artistique ni l’aboutissement que l’on attendrait d’un spectacle de la sélection officielle. On en vient à se demander si dès qu’il s’agit de migrations, l’exigence artistique passerait au second plan. Or, ce n’est un cadeau à faire ni aux artistes, ni au public, que de réduire l’expression du témoignage à cette simple « utilité » informative, teintée de bons sentiments politiques. En somme, « Le Jeune Yacou » est un spectacle charmant et nécessaire mais qui a peu à faire là : à quand la programmation d’un spectacle alliant réflexion formelle et témoignage politique sur ces questions migratoires ? Un énième spectacle qui nous interroge profondément sur la ligne esthétique de cette programmation 2019.

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