Les Imposteurs

Les Imposteurs
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« Les Imposteurs », d’Alexandre Koutchevsky, mis en scène par Jean Boillot, le directeur du CDN. Au plateau, Isabelle Ronayette et Régis Laroche, les deux comédiens permanents du Nest en charge de la direction artistique du festival. C’est une forme « volante », destinée à être jouée dans les classes des collèges et lycées des environs. À nous alors de retrouver notre cœur d’adolescents. C’est d’ailleurs ce que font les acteurs d’entrée de jeu : convoquer leur propre adolescence. Une photo de classe projetée sur un écran, et c’est le récit initiatique de la comédienne qui commence : ce qui l’a amenée, à cet âge, à envisager un métier artistique. Loin des « PROJEEETS ! » de carrière que l’on demande maintenant aux ados de présenter au bac, c’est d’anecdote en anecdote que s’opère la démonstration par l’exemple, celle qui nous invite à faire confiance aux évidences dissimulées dans les méandres du présent. La scène libère et le jeu devient une invitation à se sentir vivant, à être attentif à ce qui nous construit pas à pas. Pour Régis Laroche, ce sont tous les personnages qu’il a traversés qui sont comme les pièces d’un puzzle qui le constitue et qu’il ne cesse d’enrichir. Métier impossible où l’on cherche indéfiniment à retrouver l’état de jeu de l’enfance, si puissant et qu’on abandonne pourtant, hélas, à la puberté, être acteur est une quête permanente d’authenticité. La véritable imposture évoquée dans le finale, celle qui crée le malaise, c’est quand ce jeu s’éloigne du cadre de la représentation dans une volonté désespérée de tordre la réalité à son avantage.

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