©Hélène Harder

Lucie Nicolas et l’illustratrice Charlotte Melly adaptent pour la scène le récit de Tania de Montaigne, « Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin ». Cette jeune lycéenne de Montgomery dans l’Alabama refuse, le 2 mars 1955, de laisser son siège à un passager blanc et s’oppose de fait aux lois « Jim Crow ». Traînée devant un tribunal, elle plaide non coupable et décide d’attaquer la Ville et son maire en justice. Sophie Richelieu interprète avec fougue et talent Claudette Colvin. Elle s’empare aussi de tous les personnages qui croisent le chemin de la jeune fille embarquée presque malgré elle dans une lutte qui la dépasse. Charlotte Melly, armée de ses pinceaux, donne vie aux êtres de papiers qui accompagnent ou entravent Claudette Colvin dans sa longue quête pour la justice et l’égalité. L’entente entre les deux femmes sur le plateau est évidente et nourrit avec bonheur l’ensemble du travail. L’évolution des techniques a permis de conjuguer ces deux arts que sont l’illustration et le théâtre et l’on voit une jeune génération d’illustratrices et d’illustrateurs sortir de leur solitude artistique pour s’installer en pleine lumière. L’interaction entre le mouvement du corps et celui du pinceau, si elle apporte indéniablement du sens à la performance, ne parvient toutefois pas à échapper à un écueil inévitable : le corps se meut avec davantage d’agilité et de rapidité que le pinceau, et le rythme de la pièce s’en trouve ralenti. La technique au plateau, parfaitement maîtrisée, atténue ce défaut et même si le propos est parfois un peu trop didactique, on emporte avec nous cette dernière et belle image de Madame Claudette Colvin.

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