Oskara

Oskara

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Oskara © Christophe Raynaud de Lage

Si vous voulez savoir qui vous êtes, dansez, nous dit Jon Maya en préambule de cette création : la formule résonne haut et fort tout le long de cette proposition, dont la dimension interrogatoire de l’identité basque – l’axe de travail principal de la compagnie Kukai Dantza – nous saute aux yeux et aux oreilles dès les premiers mouvements. Une compagnie basque, donc, qui invite cette fois pour la chorégraphie Marcos Morau, Valencien vivant à Barcelone, lui-même profondément imprégné d’une culture ibérique qu’il a déjà brillamment mise en tension dans de précédents travaux (voir« Le Surréalisme au service de la révolution »).

En résulte donc une délicate succession de tableaux à l’esthétique léchée qui, si elle peut parfois sembler manquer de cohésion et n’est pas exempte de quelques longueurs ou de répétitions, se révèle néanmoins d’une profonde sensibilité et d’une impressionnante précision chorégraphique. En faisant se rencontrer son langage résolument contemporain avec les danses traditionnelles basques, Marcos Morau réussit à tisser une toile ténue qui ne se rompt pourtant jamais, même sous l’énergie des pas, ou sous les vibrations du son. Car ici, ce n’est pas que la danse qui nous touche : c’est aussi la musique traditionnelle, et la voix bouleversante de Julen Achiary (en alternance avec Thierry Biscari), dont la force et la mélancolie serrent notre cœur, déjà bien émoussé par le mouvement irréprochable des corps.

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