Autrefois, on écrivait « Le Misanthrope » pour narguer la censure, aujourd’hui « Tex résiste » est « en rodage » au Capitole d’Avignon pour trois représentations. Toréador des zamours galocheuses, l’ennemi du peuple surgit du public en chemise rouge comme le diable en réassort d’une boîte à ressort. La main flasque, le sourire triomphant et les yeux sans beurre noir, il vient percer le quatrième mur et retrouve symboliquement cette visibilité médiatique qu’on lui a confisquée. La grosse marrade qu’il ne cesse de nous promettre devrait bientôt commencer. Mais comme dirait Kant « le rire naît d’une promesse qui se résout subitement en rien », et Tex se joue malicieusement de cet adage philosophique. Avec la costumière de La Foir’Fouille, il entame une série de « sTexches » qui bafouent avec audace cette tyrannie comique qu’impose traditionnellement les seuls en scène. Car si Tex rit de ses propres blagues, c’est sûrement pour nous ôter l’effort de le faire après lui, le texitentialisme étant une tragédie humaniste où la gêne cathartique est passée maître.sse (rendons hommage au légendaire féminisme de Tex.) Et si le « Steve Jobs » américain s’oppose pour le joyeux luron au « Paul Emploi » français, on se demande bien quelle « forêt de boulots » certains humoristes devront traverser pour retrouver de l’inspiration.

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