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On hume, dès la double ambition du titre, un mélange de causticité et de naïveté : non seulement évoquer le monstre de la littérature russe mais, comme si ça ne suffisait pas, « tout » de lui. C’est le charme léger de Charlie, avatar familier du comédien Benoît Lambert, attachant esprit foutraque, qui désamorce cet écrasant programme, en digressant de Raskolnikov à Peter Falk, combinant avec liberté ses associations d’idées, adoptant, pour raconter sa passion pour le romancier, un ton sans cesse changeant, tantôt enjoué et rieur, chemise hawaïenne et lampée de vodka aidant, tantôt plus grave et pénétré. Charlie réussit un équilibre plus difficile qu’il n’y paraît : ni sacraliser, ni vulgariser, sa figure admirée. Sa verve au mieux, séduit, au pire, fait sourire. Et puis parce que tous les chemins mènent à Saint-Pétersbourg, une très belle reprise de la chanson Syracuse achève de rendre ce spectacle sympathique.

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