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A fable féroce, mise en scène idoine : Agnès Régolo s’empare d' »Ubu Roi » avec la même impertinence burlesque que celle de Jarry. Parfaite alchimie donc, entre l’élan provocateur du texte et le jeu pétaradant de comédiens qui exultent à incarner toutes les bassesses de leurs personnages. Mines expressionnistes, look steampunk, tout, dans dans cette humanité grégaire et médiocre semble aller de guingois : plateau incliné, atmosphère enfumée, langage qui déraille… mise en scène très rythmée, physique et précise, qui repose sur l’immense présence scénique de ses comédiens qui parviennent à la fois à éviter l’outrance (alors même que les monstres dérisoires affleurent) et à composer un chœur tout en existant individuellement. Musiciens rock sur scène, vitalité du jeu, modernité de la pièce (écrite en 1896 !) : la mise en scène d’Agnès Régolo, faite du même bois que le texte, le revisite avec brio. Ils sont affreux, provoc, et épatants.

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