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On comprend que Cléopâtre, stratège amoureuse qui n’eut de cesse de nouer désir et politique, inspire. Une évocation de pyramides par-ci, un peu de doré par-là. Quelques diapositives au musée des antiquités égyptiennes. Les fantaisies lourdement illustratives de la mise en scène (faire tomber des savonnettes Cleopatra depuis le plafond), la vacuité démonstrative du texte (voilà ce qu’est une femme puissante), les tentatives courageuses de Judith Henry d’incarner l’héritière ptolémaïque (hélas la comédienne semble davantage « jouer à la reine »), ses incantations naïves (« comment faire pour avoir une poigne de fer? ») produisent un objet scénique assez creux, qui déroule le cliché de son héroïne. A force de ne s’étonner d’aucune des représentions proposées (la guerrière, l’amoureuse etc.), on glisse dans une totale extériorité. La momie manque de chair, elle reste une figure lointaine. Et de cet archétype labellisé féministe, on en saura – et plus problématique, on en imaginera – pas davantage.

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