Par Stéphane Héliot

Dans ce solo donné au Point Ephémère dans le cadre de Faits d’Hiver, premier volet d’une quadrilogie intitulée “La place de l’autre”, Camille Mutel se meut avec une intense lenteur dans un univers de symboles et de textures : le métal d’un étau, celui d’un couteau, le bois d’une planche, le tissu d’une nappe. Des oignons, un poisson. Il s’agit d’un univers parfait, aussi chacun des indices disposés sur le plateau trouvera-t-il sa place dans cette intrigue dont la clef n’est pas tant le dénouement, heureux, que le jeu de distances auquel ce rite livre les spectateurs à fleur de plateau : trop proches et trop loin, appelés à la communion par le regard de l’artiste, par le silence, absorbés, et relégués tout de même à l’extérieur du mystère – trop loin à l’extérieur peut-être ? –  dans ces instants où la tension diminue, lorsque le visage ou le geste de l’artiste échappent au public disposé en équerre autour de la scène, ou lorsque ses mouvements malgré leur précision semblent trop communs.

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