La cabane au fond du jardin

Dans les bois
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Il y avait la promesse d’une immersion forestière, fût-elle symbolique, dans ce retour scénique à l’état de nature, tout d’abord debout autour d’une cabane en puissance, certains d’entre nous prêts à attraper branches et planches, en suivant les ordres – non articulés, mais paradoxalement fermes – de la récitante, puis assis en cercle à l’intérieur ou à l’extérieur, selon son tempérament, de la construction éphémère, observant l’étrange trajectoire chorégraphique d’une Vendredi mutique, tendant l’oreille au texte de Thoreau, qui n’avait jamais paru aussi tiède, bientôt respirant des odeurs primitives, confrontés à l’argile et à la pomme de pin, s’interrogeant sur cette curieuse tentative de restituer, par une simulation hors-sol et collective, une expérience qui n’a de sens que dans un ermitage de chair et d’esprit au milieu des bois, dont la parole aurait pu certes être incarnée par la grâce waldenique d’interprètes-chamanes ou être illuminée par l’énergie solaire de ces instants suprêmement chargés de sens dont parlait Nieztsche et auxquels tout invitait dans le concept même du spectacle, mais ici rien de tout cela, rien de plus qu’un atelier new age mais old school, et même si, dit Thoreau, le critiqueur trouverait à redire au paradis, de paradis on n’a trouvé ici que la trace d’un infortuné pépin.

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