Sweet dreamz

© Ariane Catton Balabeau

Se frotter à la matière dont les rêves sont faits et voir comment les peaux et les coeurs réagissent, voilà l’objectif inavoué de ce tour de chant très rock’n’roll aux allures de cabinet de curiosité déjanté. À quoi rêvent les squelettes dans les ossuaires ? Les collectionneurs de timbres préhistoriques ? Les lapins roses à piles ? Les explorateurs de cartes géographiques ? Et pourquoi pas gagner des millions de sandwiches merguez ? Beaucoup de questions pour peu de réponses, il s’agit ici de jeter les rêves en pâture, les grands et les quotidiens, les dérisoires et ceux dont la vie peut dépendre. Le Swiss band Brico Jardin sévit avec humour et décibels sur les scènes depuis déjà longtemps ; oui mais voilà, ils attendent depuis 25 ans de gagner enfin un concours de musique. Les rêves en devenir perpétuel deviennent alors le leitmotiv du show qui oscille entre narration et chansons, entre espoir et renoncement pour mieux nous démontrer par A + B que l’important n’est pas de réaliser ses rêves mais bien de continuer à rêver. Peu importe les échecs : passer sa vie à rêver c’est quand même une vie de rêve. C’est un spectacle foutraque, morcelé, construit comme un assemblage de petites choses signifiantes, musiques, paroles et images mais qui, en élevant l’échec à des hauteurs poétiques et à grand renfort de guitare électrique, transmet aux jeunes spectateurs l’énergie communicative pour vivre joyeusement au présent.

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