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Il y a des théâtres qui purgent et des théâtres qui contaminent. D’autres ont tout simplement besoin d’un médecin. Une armée de désinsectiseurs devra diagnostiquer la pathologie dramaturgique de Tracy Letts, dont le mélodrame graisseux « Bug » (datant de 1996) est un Tennessee Williams pour peep show désaffecté. La pièce est datée, tant par son traitement caricatural de la névrose féminine que par son fantastique allégorique qui fait de la post-modernité une arène de cafards mécanisés à laquelle deux trublions tenteront de résister (rappelant vaguement le “Rhinocéros” de Ionesco). La seule interrogation qu’elle nous laisse concerne l’espèce exacte des bestioles parasites : tiques, punaises de lit, pucerons ? Son interprète star, Audrey Fleurot, est aliénée autant dans l’intrigue que dans cette mise en scène peu féministe qui gestualise sa névrose par des élans exhibitionnistes et des intonations caillouteuses. Emmanuel Daumas n’a pas trouvé autre chose que des chorégraphies névrotiques et vulgaires pour faire exister son corps (sur des néons clignotants et des lampe antimouche). On se demande pourquoi cette comédienne, si convaincante chez Pelly et Bondy, se commet avec ses quatre partenaires dans une interprétation cabotinante et sans nuances.

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