Modernité et mystère

Cinq jours en mars
Par

D.R.

D.R.

Modernité et mystère : voilà les impressions que crée cette rencontre entre un dramaturge, un metteur en scène, des comédiens. Qui font que sur la scène se passe quelque chose de fort. Modernité du texte de Toshiki Okada, écrit puis créé par lui en 2004 : on aime que les jeunes Japonais qu’il met en scène s’adressent à la salle à coups de « Je suis l’ami de Minobe, je vais vous raconter ce que j’ai fait ce samedi soir-là… ». On adore y découvrir au compte-gouttes les motivations des personnages. Celles de Minobe et Yuki par exemple, qui s’enferment cinq jours dans un love hotel pour n’y faire que l’amour. Choix qui constitue le cœur du texte… Même si ce dernier, peu explicatif, dessine parfois quelques portraits qu’on a l’impression de déjà connaître  la jeune fille seule notamment , il tient en haleine. Et propose une réflexion sociale sur laquelle on aurait aimé avoir plus d’explications, touchant le Japon actuel, mais bon… On a plutôt à imaginer, avec comme guide la mise en scène de Jérôme Wacquiez. Au diapason des mystères de la pièce, elle fait intervenir des procédés très divers, de façon fine. Jeu occupant tout l’espace, frontalité ou passages tout en intériorité… On ne perd jamais le rythme, on n’est jamais pris en otage par une émotion feinte. Grâce, également, à la remarquable troupe d’acteurs. Avec, notamment, les magnifiques Nicolas Chevrier, Christophe Brocheret et Flora Bourne-Chastel, euphoriques jusqu’à la rupture. Les sept comédiens prennent en charge le côté oral de ce texte de façon physique, comme dans l’urgence. Et lui assurent un caractère universel. Oui : on sent, devant « Cinq jours en mars », que c’est à chaque spectateur de verser un peu de soi dans l’histoire contée. De façon évidente.

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