S’il se passe quelque chose

La bio non dégradable

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Soyez-en sûr : il se passe quelque chose pour Vincent Dedienne. Après avoir eu son rond de serviette à France Inter et Canal Plus (cf. ses « bios interdites »), après le Café de la danse et l’Atelier, ce Mâconnais de 29 ans a trouvé sa vitesse de croisière. Et c’est celle d’un croiseur. Le voici donc, comme dans la chanson de Barbara, « maintenant sur les routes de partout ». Aujourd’hui, partout c’est Avignon. Et nous vous encourageons vivement à voir ce qu’il appelle avec l’élégance d’un lutin mutin « le portrait d’une solitude ». Ce n’est pas que la démarche soit originale : dans un monde où Facebook nous fait prendre notre morne existence pour la plus palpitante des vies, parler de soi est hélas la première idée qui vient au premier venu.

Seulement voilà, Vincent Dedienne n’est pas le premier venu. La preuve ? Il naît à quatorze ans en voyant une VHS de Muriel Robin. Il n’a plus à présent qu’une seule envie : partir et apprendre. À vivre, à jouer. Ce sera la Comédie de Saint-Étienne, puis Rancillac et Decouflé… et Hugo, Guibert, Lagarce. On se souvient tous de Laurent Terzieff à la cérémonie des césars : « Le théâtre n’est pas ceci ou cela. Il est ceci ET cela. » Eh bien, Vincent Dedienne est « ceci ET cela ». Et c’est pourquoi son seul-en-scène est si réussi. C’est espiègle, enjoué, culotté (et parfois déculotté), jamais complaisant, toujours juste. On rit et, plaisir trop rare au théâtre, on est content de rire. Content également, pour ce quatrième article dans ce numéro 5 d’I/O saison 2, de prendre en défaut la si brillante Mme du Deffand, et son célèbre aphorisme : « Le public a aimé ? Il est bien le seul » ! Pas toujours, marquise, pas toujours !

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