Sur la question de la banalité du mal

Eichmann à Jérusalem
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Eichmann à Jérusalem

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« Vous savez bien que ce n’est pas encore la fin ; les choses peuvent tout de même toujours être encore plus graves. Et même la fin, on devrait être en mesure de la surmonter (c’est-à-dire pas forcément d’y survivre). » Voici ce qu’écrit la visionnaire Hannah Arendt en 1946 à son ami Gershom Scholem et ses mots résonnent sur la scène du TGP au milieu de ceux des minutes du procès d’Eichmann en 1961 à Jérusalem. Le plateau instable comme métaphore de l’état du monde et la craie didactique comme bâton de pèlerin, la marche vers une tentative de compréhension des raisons, des faits et des responsabilités s’enfonce résolument dans la noirceur de l’âme humaine.

C’est un travail minutieux – parfois un peu scolaire- que propose le Théâtre Majaz ; les acteurs cosmopolites servent cette retranscription sans tomber dans le piège de l’incarnation ou pire de la diabolisation par la forme. Ici, c’est bien le fond monstrueux qui reste, froid et méthodique et il est encore et toujours nécessaire de s’y confronter.

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