Il suffit d’y croire

Ludwig, un roi sur la lune
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LUDWIG, UN ROI SUR LA LUNE - de Frederic VOSSIER - Texte : Frédéric VOSSIER - Mise en scène : Madeleine LOUARN - Dramaturgie : Pierre  CHEVALLIER - Musique : Rodolphe BURGER - Chorégraphie : Loïc TOUZE, Agnieszka RYSZKIEWICZ - Scénographie : Marc LAINE - Lumière : Michel BERTRAND - Costumes : Claire RAISON - Avec les comédiens de l'atelier Catalyse :  Tristan CANTIN - Guillaume DROUADAINE -  Christian LIZET -  Christelle PODEUR - Jean-Claude POULIQUEN - Sylvain ROBIC - et les musiciens Rodolphe BURGER - Julien Perraudeau PERRAUDEAU - Dans le cadre du 70eme Festival d'Avignon - Lieu : L'autre scene du Grand Avignon Vedene - Ville : Avignon - Le : 07 07 16 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

(c) Christophe RAYNAUD DE LAGE

S’il était bien un roi sur lequel les comédiens de l’atelier Catalyse devaient un jour poser leur regard, c’était bien Louis II de Bavière. Ce Ludwig décalé, hors du monde, aux rêves et aux envies plus forts que les conventions et l’étiquette. Pour eux – les comédiens handicapés de l’atelier Catalyse –, sous la fidèle baguette bienveillante de Madeleine Louarn, l’écho se fait ici percutant : leur vie, leur jeu, leurs idées ne s’encombrent pas de code, ils dépassent l’éternelle loi sociétale et morale des cases.

Ils racontent, avec maîtrise, l’histoire de Louis II par l’intime, de son couronnement à sa mort, de son homosexualité à son incapacité politique. L’esprit du roi, torturé et prompt aux fantasmes et aux rêveries – plus ou moins mégalomanes ou mélomanes –, est dessiné avec subtilité et poésie. Par un jeu de musiques live et de lumières travaillées, sur un plateau bifrontal, et par une direction de comédiens juste et fine, toujours exigeante, Louarn donne au spectacle des contours poétiques, presque oniriques. Le texte de Frédéric Vossier, travaillé à partir des correspondances et du journal du roi, tout en restant finement écrit, s’adapte aux comédiens handicapés dans un équilibre admirable.

Certains tableaux sont d’une beauté émouvante : pas cette beauté de l’éclat, qui tape dans l’œil et éblouit, mais cette beauté de la grâce, celle qu’inspire la plus pure sincérité dans le jeu, lorsqu’il est sur le fil, fragile, et lorsque autour de lui, pour les acteurs qui paraissent davantage être que faire semblant, le décor paraît devenir plus que réel, dans sa pourtant très belle humilité. La lune sur laquelle se trouve Ludwig est sûrement habitée, aussi, par les comédiens de Catalyse ; on aurait envie de les y rejoindre, pour jouer, nous aussi, sans ces fichues barrières…

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