Mange tes ronces !

Tendresse d’orties

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Roncez ! ! ! ! Euh, foncez… Allez-y, quoi. C’est une heure « d’ailleurs » garantie où l’on se sent bien et transporté, même quand on vient sans enfants. Tout paraît terriblement simple dans ce spectacle. L’histoire de la grand-mère acariâtre qui découvre que son petit-fils a des peurs, et qu’elle peut avoir une vraie relation avec lui, puisqu’elle aussi a des peurs. Les poétiques dessins projetés qui s’animent sous nos yeux pour faire vivre Mamie Ronce, son chien Moquette ou Léopold. C’est parfois comme les débuts du cinéma sonore. La musique et les bruitages joués devant nous. En réalité, tout est joyeusement compliqué et remarquablement travaillé. On ne s’improvise pas acteur, et le spectacle nous le fait pointer du doigt. Quelle performance, quelle virtuosité des comédiennes. Pas question de se « mélanger les pinceaux » entre tous les petits morceaux de carton qui font les décors et personnages projetés au fur et à mesure de l’histoire, le tout en racontant, faisant roter le chien, chanter Mamie Ronce… À côté d’elles, un fatras de trucs et bidules agités sous un micro par le musicien fait vivre le bruit des pas, des cailloux, du mixeur à soupe, et de la peur… Tout est merveilleux d’élégance, et les enfants ne s’y trompent pas. Ils n’ont jamais besoin de confirmer auprès de leurs parents ce qu’il se passe. La salle est simplement, joyeusement et magiquement à l’écoute. « Mange tes ronces ! » nous rappelle que le théâtre est un moment rare et privilégié. Ensemble, nous suivons une histoire qui nous parle de nous et nous laisse imaginer à partir de presque rien. Par les temps qui courent, c’est devenu une rareté. Vous l’aurez compris, j’adore et n’aurai qu’un mot : roncez !

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