Duos

À sauts et à gambades

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Faunes urbains propulsés des escaliers jouxtant le dôme du Peyrou, les danseurs de Gat imposent une énergie féroce. À un bras de distance, le plus souvent, ils créent de microarènes d’où l’on contemple avec une joie non feinte les mouvements de glisse que chacun accomplit. La peinture sur les corps – nous les faisant imaginer en hyènes aux vêtements chamarrés – luit au soleil, au moment où une pose extatique immobilise la foule. Celle-ci est vite phagocytée par les grandes lignes et courbes des corps partis déjà à toute vitesse. Le spectateur est abandonné à lui-même, en pure traînée de poudre, se donnant comme la trace laissée du duo dansant, notre corps cristallisant la raideur fugace des muscles bandés. Des souffles et des cris parfois échappés sont les indices d’une proximité entre les deux danseurs, langage fait d’imbrications, d’écarts subreptices, de pantalonnades reconduites. L’un est pour l’autre un grand reposoir ou repoussoir. Une expérience réjouissante à reproduire encore quatre fois en ville.

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