Oropel

© Fabien Cambero

Comment dire, sans doute il nous manque des clés à nous autres Européens pour bien comprendre cette création de la chilienne Carolina Cifras tant le propos comme la forme sont pauvres, à la limite d’un travail amateur… décevante proposition qui ne porte pas très loin le propos de cette chorégraphe. Elle est censée dénoncer dans sa fresque chorégraphique le système néolibéral, son mode de production, l’abêtissement de la société qu’il produit, particulièrement dans les Etats sud-américains dont le Chili. En dehors d’une scène – déjà vue mille fois – où le syndrome clip de variété pop insiste sur le côté vulgaire et décalé, rien dans ce sextuor ne tient la route très longtemps. Si le début de « Oropel », par cette escalade des corps et ces portés périlleux amuse et inquiète tant pour la danseuse qui prend des risques que pour les danseurs qui servent d’appui, on ne retrouve quasiment pas d’images aussi fortes tout au long du spectacle. Quelques touches locales avec ce pull au dessin de lama et ce masque en or façon Incas… Si la violence est présente par ce véritable rentre dedans que font les danseurs sur cette danseuse asiatique qui n’en demandait pas tant, les clichés sur la société de consommation bien présents avec ces tennis aux semelles qui clignotent, tout est traité de façon linéaire, sans véritablement de dramaturgie ça n’en fini plus. Est-ce qu’au Chili les choses doivent être montrés comme cela pour faire mouche ? Compliqué de le savoir mais là, Carolina Cifras, pourtant présente en France depuis de longues années notamment auprès de Claude Brumachon semble avoir manqué sa cible à Brest.

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