Forsythe / Brown / Bel

Forsythe / Brown / Bel

Par

« Posé arabesque, temps lié en arrière, marche, marche », un titre, une suite de pas et le projet de Jérôme Bel se trouve tout entier résumé. Et comme il y a là l’intention d’invoquer une certaine histoire de la danse, on commence la soirée, pour le plaisir, par Wiliam Forsythe, puis on poursuit, émerveillés, par Trisha Brown. Inutile de revenir ici sur ces deux célébrissimes pièces du répertoire, mais attardons-nous un instant sur les quinze dernières minutes du programme. Car ils sont très nombreux à avoir confectionné leurs costumes pour l’occasion ; des tutus en folie, des princes chamarrés, des joggings fluo aussi, mais toujours très sérieusement, les danseurs du ballet de l’Opéra de Lyon arpentent le plateau en musique puis en silence. On comprend vite l’intention de s’inscrire dans une radicale opposition avec le travail des chorégraphes qui précèdent, mais cette fois-ci les ficelles sont un peu grosses et, même si les rires se font entendre ici ou là dans la salle, le propos n’amène pas vers une pensée décalée ni vers un regard différent, ce qui pourtant caractérise le travail de Jérôme Bel. Même pas de quoi crier au scandale, voilà le drame.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

D'autres articles par