Les Potiers et Western Dramedies

© Dorothée Thébert Filliger

La 2b Company est protéiforme, et chaque embranchement est un régal. Après Pierre Mifsud et sa « Conférence de choses », François Gremaud et sa·ses « Partition(s) » en duo avec Victor Lenoble, revoilà le collectif Gremaud/Gurtner/Bovay au Centre Pompidou. Déjà présentés il y a plus de deux ans lors de leur « Presque intégrale », « Les Potiers » et « Western Dramedies » ont été retouchés, et c’est encore meilleur.

« Les Potiers » et « Western Dramedies », s’ils plongent chacun leurs racines dans des univers différents, on cependant un fond commun : l’exploitation d’un patrimoine musical, francophone pour l’un, américain pour l’autre. Le premier, petite forme de trente minutes, se lit en forme de clin d’oeil à Jacques Demy où l’on chante les évènements qui composent une vie dans un grand écart qui va de la sclérose en plaques à la compote à la rhubarbe. Le second est un voyage le long de la route 66, à la rencontre d’une Amérique mythique entre retrouvailles d’un vieux groupe folk, restaurateurs épiscopaliens et actrice diva.

Il n’y a aucun cynisme mais une tendresse infinie dans ces deux spectacles. Un amour du pas grand-chose, un attachement à ceux qui ne « sont rien » qu’un certain président estimait croiser dans les gares. Et puis aussi une invitation à regarder plus loin que le bout de son nez portée par la chanteuse Billie Bird qui vous annonce que sur cet air folk qui vous fait hocher la tête d’un air de connaisseur, elle a collé les paroles d’une chanson de Britney Spears. Et c’est avec Britney que le trio Gremaud/Gurtner/Bovay nous donne une belle leçon : ce n’est pas parce que c’est pop culture que c’est méprisable. Celui qui ne verrait sur scène que trois gugusses en perruque aurait bien tort, car l’air de rien c’est l’humain qui n’est pas un héros, qui n’a pas une vie extraordinaire, mais qui ose quand même exister, qui est réhabilité.

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