Everything is OK

Quêtes singulières

Par

@ Alice Brazzit

Tout commence par un rap provoc’, une mélopée extravagante, une scansion continue. Seul en scène, Marco D’Agostin enchaîne chansons issues de la pop culture, récitations éclectiques, plagiats de discours de remerciement d’acteurs aux Oscars et pastiches du girlsband Las Ketchup. Le tout dans un tumulte polyglotte où viennent se mêler des bribes d’italien, d’espagnol et d’anglais. Puis, de façon aussi soudaine qu’il l’avait commencé, le performeur italien interrompt son déferlement verbal et se met en mouvement. La scène se fait alors arène, éclairée de quelques spots de couleur, véritable laboratoire du geste où l’artiste vient expérimenter. Les yeux dans les yeux avec le public, le regard tantôt interrogateur, tantôt provocant, le danseur, lauréat de plusieurs prix pour ses précédentes créations chorégraphiques, s’anime.

Ses pérégrinations dans l’espace – non dénuées d’un certain humour – semblent faire écho à la profération verbale initiale. Le corps du danseur, vêtu d’une chemise hawaïenne bariolée, interroge, performe, s’immobilise ou se convulse, explorant une infinité de possibilités avec une décontraction volontaire. C’est ce jeu nonchalant sur la force de l’instant présent et sur l’épuisement de la recherche au plateau qui fait toute la pertinence d’« Everything is OK ». On regrettera cependant que la durée de la performance – une trentaine de minutes – ne pousse pas plus loin cette volonté de faire ressentir au spectateur dans la longueur les enjeux de cette singulière expérimentation.

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