Frédérick Gravel : « Qu’est-ce qu’on attend ? »

« Justement, m’est avis qu’on attend beaucoup de gens qui ne livreront pas.
On attend que ceux qui ont créé cet ordre du monde soient ceux qui nous en sortent.
On attend de cesser de croire à cette façon de voir, de cesser de croire les slogans creux, de cesser de croire que tout ça a un sens.

Alors qu’il serait temps de croire à quelque chose d’autre.
Puisqu’il nous est impossible de ne pas avoir la foi, il est temps de la changer.
Il est temps d’avoir foi en une nouvelle conscience collective.
Il est temps de croire que nous pouvons être à la hauteur.

On attend que les choses aillent encore plus mal, trop mal, on attend le point de rupture.
Alors que nous avons déjà assez attendu, que nous avons déjà bien assez perdu de temps et de sens. Nous avons déjà perdu la faculté de parler autrement qu’en termes de produits, de rendement, de performance. La santé, l’art, l’enfance, tout se discute comme sur les rapports de pointage des indices fluctuants de Wall Street.

On attend le sauveur, on attend la solution.
Ça ne viendra pas.
Pas de sauveur, pas de solution.

Il y a nous. Il y a des possibles.
Si quelqu’un vous promet le salut, ne le croyez pas.

Tout sera toujours à faire, à refaire, à recommencer.
Il faut s’y attendre.

Il est peut-être mieux d’attendre de bien avoir compris ça… »

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