Guillaume Barbot : « À qui le tour ? »

« Un / une présidente, un / une directrice de lieu, un / une victime, un / une rescapée ?…

et le tour de quoi ? de taille ? de pâté de maison ? du monde ?

la question démarre et déjà j’hésite à me lancer

alors je vais vous raconter mon déjeuner (désolé)

j’ai revu un ami d’enfance, d’adolescence plutôt, un de ces amis qu’on revoit tous les cinq ou dix ans sans avoir la sensation de s’être vraiment quittés. Ça ne sent pas la nostalgie, juste le souvenir. On boit un verre. On se résume nos dernières années en quelques mots un peu mal choisis, on improvise, on se regarde, surtout moi, lui fixe devant, alors tu vas bien ?

je suis en pleine représentation de « Heroe(s) », on y cause d’évasion fiscale, d’ailleurs on mentionne la Société générale, tu travailles toujours à la Société générale toi ?

oui

tu sais que c’est une banque qui détient 979 comptes offshore juste via le Panama ?

non, il ne le sait pas, ou pas vraiment, il est heureux – sincèrement – dans sa boîte, la Société générale est une des sociétés du CAC 40 où il fait très bon vivre, c’est un sondage qui le dit, son directeur a même été élu meilleur président par un autre sondage, ami ou cousin du premier… donc… Avec tous ses scandales, les salariés de la banque sont restés soudés, solidaires. Pas évident à vivre cette tornade. Panama Papers, et confrère. Je comprends. Tu pourrais parler d’une autre banque, plaisante-t-il. Il a raison. Il y a de quoi faire. J’ai toute une liste sous la main… de toute façon rien ne s’arrête, tout continue… depuis, déjà, les Paradise Papers… et demain… à qui le tour ? l’actualité y répondra bien plus vite que moi, je swingue mais pas au même tempo… je lui dis à tout à l’heure, à mon ami, à vite même… j’espère ne pas l’avoir vexé avec mes histoires. »

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