Barbara Atlan : « À qui le tour ? »

@Cécile Geindre

Le tour au courage, à l’audace, aux envies débordantes, le tour à la folie, aux tentatives, aux prises de risque, aux essais, à la recherche, au jeu. À chacun son tour, à chacun sa partie, ses défaites, ses victoires, ses espoirs et déceptions ; mais à chacun l’opportunité, l’espace pour le faire. C’est ce que Chantal, coach de tennis, défend et rêve dans son bureau. Et c’est de ces envies-là que le spectacle « Chantal, le grand chelem » est né. D’un désir débordant de jouer en faisant fi des conventions, en refusant l’attente et la passivité dans lesquelles ce métier peut nous enfermer. Ne pas attendre qu’on m’autorise à jouer mais m’emparer du plateau et agir en tant que joueur et finalement prendre mon tour, prendre ma place. Chaque projet est une aventure, où on rencontre soi, les autres et le monde de manière différente. Mais comme dans toute rencontre, on ne peut pas prévoir quelle en sera la nature. J’ai eu besoin de faire un tour avec Chantal pour déjouer tout ce système qui ne laisse plus la surprise et l’inattendu des rencontres. Avec Chantal, notre tour a été épique : on s’est perdues, étonnés, on s’est trompées et on a essayé, on a traversé des torrents, grimpé des montagnes interminables, marché dans des déserts arides et découvert des paysages sublimes. Chantal vous dirait que c’est le tour de « l’apogée, de la conquête, du sacre, du Saint-Graal » et moi celui de jouer sans bornes, sans stéréotypes, sans anticipations ni prérequis. Jouer ce qu’on désire en essayant de pousser ces foutues limites qui enferment chacun et chacune dans des cases, parce que la société en a décidé ainsi ! Catherine Germain écrit : « Nous arrivons sur terre, nous tombons dans un corps. C’est d’abord passionnant, mais ensuite, on peut se sentir enfermé, on peut paniquer sachant que jusqu’à sa mort, on ne pourra plus jamais en sortir. On a besoin d’aller se promener dans les autres corps, aller dans le corps du vent, du blé, des fougères, des pierres, dans le corps des animaux et dans ceux des autres humains. »

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