Les dessous chocs

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OEIL5

Spectaculaire

J’ai remarqué qu’on voyait souvent la culotte des comédiennes. À chaque fois, ça me fait penser. À mon métier, la pub. Au « plan culotte », comme on l’appelle dans le jargon. Dans la publicité, c’est un graal, un secret de polichinelle : réussir à insérer dans un film pour n’importe quel produit l’image subliminale d’une petite culotte en augmente de manière incroyable la mémorisation et la notoriété, les tests le prouvent. Exemple, cette fille qui s’en va sur son vélo avec de l’huile dans son panier (celui qui est fixé sur son porte-bagages) : un opportun coup de mistral soulève sa jupe et dévoile la blancheur de son slip… Vous avez trouvé ? Inutile de citer la marque de cette huile, pas vrai ? Vous allez me dire que je suis complètement obsédé et je m’en excuse, mais je ne suis pas le seul, vous aussi, les tests le prouvent je vous dis, les femmes comme les hommes. Pourtant, lorsque je suis acculé à déclarer mon activité professionnelle, je sais par avance que je vais avoir droit à une moue de condamnation morale. Si par malheur la conversation continue sur le même thème, elle aboutit immanquablement au sujet de l’exploitation des filles à moitié dénudées. Et la défense qui consiste à avancer que l’érotisme porte toutes les promesses ne me vaut aucun pardon, c’est encore pire. Dans le monde responsable et de mauvaise foi de mes interlocuteurs, Cerise de Groupama devrait être un boudin et George Clooney s’exciter les nerfs avec des grands-mères de son âge. Sauf ici à Avignon, où je sais une plus grande tolérance, une comédienne en nuisette qui s’assoit face au public ou qui s’écroule sur scène sous le coup d’une terrible nouvelle est un attendu. Pour la simple et très bonne raison que les techniques de mise en scène sont une lutte contre l’ennui, une ode au joli temps passé, à la vie. Le théâtre est sexy, merci à lui.

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