Bad Bonn Kilbi : le plus alternatif des festivals de musique

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Trois jours de programmation inédite ont eu lieu du 31 mai au 3 juin à Düdingen dans l’un des plus important festival open air de musique. Le Kilbi attire les adeptes de festivals rock and roll et psychédélique des années 70 et les plus grands programmateurs de musique. Il affiche complet quelques minutes après la mise en vente ses billets et rend ainsi hommage à la réputation suisse des festivals open air.

Kilbi se situe dans un champ tout près d’un lac entre Berne et Fribourg. Depuis son ouverture en 1991, il est dirigé par son fondateur Daniel Fontana reconnu, pour sa programmation faite uniquement de découvertes. Lauréat du Prix culturel 2018 de l’État de Fribourg, le Bad Bonn a d’ailleurs été distingué pour la qualité de sa programmation. « L’équipe a montré qu’avec beaucoup d’engagement, il est possible de proposer une programmation innovante en dehors des grands centres urbains. » Et d’ajouter que son festival annuel a acquis un rayonnement exceptionnel et international dans le domaine des musiques actuelles. Un mot du big boss : « Pour nous, c’est l’attitude qui compte. La bonne humeur, l’engagement et la fiabilité de notre équipe. Les gens deviennent plus humains quand ils échouent, et quand ils gardent un peu leurs esprits de petits enfants. Nous célébrons la différence de chacune et chacun. Comme d’habitude, les artistes du Kilbi ne sont pas très connus. La bonne nouvelle, c’est que cela nous va très bien. Nous concevons ce festival de musique comme une source de plaisir de trois jours. Le Kilbi fonctionne comme un porteur de son, un CD, un médiateur. » Dans les années 90, le logo du compact disc était probablement l’un des plus imprimés, aujourd’hui il a disparu, mais en hommage à cette époque, une police et un logo ont été conçus afin de garder ces souvenirs vivants.

Trois soirs, trois scènes, une cinquantaine d’artistes. Voici les coups de cœur de la rédaction. Le groupe genevois Ester Poly, qui réunit la bassiste Martina Berther et la percussionniste Béatrice Graf, a mis le feu en démarrant le festival avec un son psychédélique expérimental punk clash ! Les Warmduscher (UK), le nouveau groupe constitué de membres permanents de The Fat White Family, Paranoid London, Insecure Men et Childhood. Des odeurs de soufre et de sueur émanent de leur rock brut, aux frontières du punk, blues et garage.  James Holden & The Animal Spirits : un chef-d’œuvre – l’esprit du pionnier de l’afro-futurisme (Sun Ra) a donné sa bénédiction – qui fonctionne comme un groupe de jazz spirituel jouant de la trance-folk. JOHN MAUS, le docteur en philosophie est une star de la pop. Impossible de faire une musique plus urgente. De la pop hardcore. Au-delà des frontières. On est presque inquiet pour lui, vu l’intensité de son spectacle. Il ne se prend pas trop au sérieux, par contre il respecte la musique. Rien que l’autodérision et l’intelligence du personnage donnent envie de souffrir et de danser. Horse Lords présente un morceau instrumental interminable du quatuor de Baltimore Horse Lords : batterie, basse, saxophone, guitare et percussions se fondent dans des grooves profonds et hypnotiques. C’est le nouveau rock’n’roll américain qui empile des éléments de krautrock, de polyrythmes africains et d’un minimalisme classique. Reverend Beatman & The New Wave, ce n’est pas n’importe quel groupe, c’est un monument, c’est un monstre. Des vrais fans ont cru qu’il s’agissait là d’un poisson d’avril mais ils jouent vraiment ensemble : Beat-Man, Julian Sartorius, Mario Batkovic, Resli Burri et Nicole Izobel Garcia ! Enfin, La Tene & Guests, une tuerie, une folie, de l’art qui laisse des traces.

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