Madeleine

Par

« Tout au loin, d’une couleur autre, dans le velouté d’une lumière interposée, la petite phrase apparaissait, dansante, pastorale, intercalée, épisodique, appartenant à un autre monde » (Marcel Proust, « À la recherche du temps perdu »).

Qu’importent la forme et le goût que prennent les réconforts, il est nécessaire quand janvier fait rage de trouver l’ivresse dans nos chemins de traverse et d’accepter avec bienveillance nos pulsions régressives. Méditer sur la texture du flan, s’enfermer dans des chalets de bois pour s’immerger dans le cinéma serbe des années 1980 ou le théâtre vosgien contemporain, écumer les salles de province et de Romandie à la recherche de l’émotion ultime nous conduiront finalement à allonger le pas pour rejoindre ces deux festivals qui portent haut et fort leur foi dans le pouvoir thermique des artistes. Marseille et Genève deviennent alors pour quelques jours les villes mondes où se joue la quintessence de la création contemporaine, étendard graphique au vent pour mieux rallier les troupes dispersées. Vous qui, comme nous, êtes à l’affût des propositions qui cherchent à déplacer le regard, êtes prêts aux bousculades, aux échecs, aux glissades incontrôlées, aux rencontres électriques, aux chocs esthétiques et aux soirées sans fin, sortez donc au jour pour vous confronter à la caresse brutaliste de la lumière : le confort sait parfois attendre seul près de la cheminée. Nous serons ce que nous ferons ensemble.

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