« Qui cache son fou, meurt sans voix »

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C’est Henri Michaux qui nous offre ces mots et à sa suite Rara Woulib puis Jan Goossens qui fait sien ce credo pour l’édition 2019 du festival de Marseille. Réinventer la forme festival pour l’attacher au plus proche de la ville qui l’accueille (les racines) et tenter de lui donner du souffle à nouveau (les ailes) est une mission nécessaire tant il est vrai que l’uniformisation des programmations – et ses tristes corollaires, celles de la pensée et des esthétiques –  guette. Les mêmes noms aux têtes des mêmes affiches, la culture aussi cherche à se rassurer comme elle peut et brosse trop souvent le public dans le sens du poil. Lustrer, aseptiser, ménager le confort d’un côté, course à la nouveauté, vacuité, démagogie de l’autre. Heureusement, quelques irréductibles font fi de la mollesse, osent les inconnus et font confiance dans l’appétit d’émerveillement des spectateurs. Si nous avons une mission, si nous devions la définir, ce serait de débusquer encore et d’éclairer toujours les tentatives de ceux, artistes et programmateurs, qui refusent tous les académismes et font le pari du sens au delà du concept. Marseille, fidèle à son ADN, réaffirme pour quelques jours son panache de ville-monde et ouvre en grand ses théâtres et ses rues pour recueillir les voix nécessaires de tous ces fous magnifiques qui vont mettre en jeu leurs corps, leurs préoccupations et leur foi dans la possibilité d’une éclaircie.

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