22 juillet 2015

Lost in translation

Cinq jours en mars
Toshiki Okada | Jérôme Wacquiez

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Le Japon, et notamment Tokyo, est une source d’inspiration inépuisable. Que ce soit au cinéma avec « Lost in Translation » ou ici au théâtre Chapeau d’ébène, l’ambiance flottante et les mœurs de cette ville fascinent les Occidentaux.

Tokyo est une ville spéciale : cette mégalopole ne s’arrête jamais, personne ne s’y sent réellement à sa place, chacun semble y flotter, comme entre deux mondes.

Cette ambiance si particulière donne le sentiment d’une suspension du temps, d’accomplir une sorte de voyage immobile, comme sous l’effet d’un décalage horaire.

C’est dans ce climat que deux jeunes, deux solitudes perdues au milieu de cette jungle urbaine, vont décider de s’isoler dans un love hotel pendant cinq jours. Pas de sentiments, pas de relations, seulement de l’acte sexuel pur.

Ce spectacle pose la question de la dépersonnalisation du monde contemporain. Il met en scène cette jeunesse terrifiée par l’Autre. Entre gêne et pudeur, il dépeint une génération Y éprise d’incommunicabilité.

N’est-ce pas là le paradoxe de ma génération ? Alors que nous évoluons dans un monde de l’instant et de communication, l’Autre, le rapport humain n’a jamais été aussi loin, n’a jamais été aussi informel.

Alors que la guerre d’Irak éclate, ces deux jeunes décident donc de s’isoler, de former une parenthèse dans leurs vies.

Ce texte, par sa construction dramaturgique en spirale, montre une jeunesse épuisée par un monde de vitesse, de surenchère d’informations, par ce tsunami d’accumulations, et qui décide de dire « stop ». De s’arrêter, le temps de quelques nuits. De revenir à des rapports basiques, à une redécouverte de l’instinct primaire, afin de retrouver peu à peu sa singularité et son humanité.

Finalement, n’est-ce pas la solution ?

興味深い光景

BarthelemyFortier

BarthelemyFortier

Comédien, Paris
:-)

I/O n°118

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