22 juillet 2015

Modernité et mystère

Cinq jours en mars
D.R.
D.R.

Modernité et mystère : voilà les impressions que crée cette rencontre entre un dramaturge, un metteur en scène, des comédiens. Qui font que sur la scène se passe quelque chose de fort. Modernité du texte de Toshiki Okada, écrit puis créé par lui en 2004 : on aime que les jeunes Japonais qu’il met en scène s’adressent à la salle à coups de « Je suis l’ami de Minobe, je vais vous raconter ce que j’ai fait ce samedi soir-là… ». On adore y découvrir au compte-gouttes les motivations des personnages. Celles de Minobe et Yuki par exemple, qui s’enferment cinq jours dans un love hotel pour n’y faire que l’amour. Choix qui constitue le cœur du texte… Même si ce dernier, peu explicatif, dessine parfois quelques portraits qu’on a l’impression de déjà connaître  la jeune fille seule notamment , il tient en haleine. Et propose une réflexion sociale sur laquelle on aurait aimé avoir plus d’explications, touchant le Japon actuel, mais bon… On a plutôt à imaginer, avec comme guide la mise en scène de Jérôme Wacquiez. Au diapason des mystères de la pièce, elle fait intervenir des procédés très divers, de façon fine. Jeu occupant tout l’espace, frontalité ou passages tout en intériorité… On ne perd jamais le rythme, on n’est jamais pris en otage par une émotion feinte. Grâce, également, à la remarquable troupe d’acteurs. Avec, notamment, les magnifiques Nicolas Chevrier, Christophe Brocheret et Flora Bourne-Chastel, euphoriques jusqu’à la rupture. Les sept comédiens prennent en charge le côté oral de ce texte de façon physique, comme dans l’urgence. Et lui assurent un caractère universel. Oui : on sent, devant « Cinq jours en mars », que c’est à chaque spectateur de verser un peu de soi dans l’histoire contée. De façon évidente.

Geoffrey Nabavian

Geoffrey Nabavian

Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival, les Journées cinématographiques dionysiennes. CONTACT : geoffrey.nabavian@free.fr

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