18 juillet 2015
par

SAV

Il faut faire plus
D.R.

Vous ne pouvez plus reculer, vous allez voir la pièce dont vous avez prononcé le titre. Vous payez, votre argent entre dans un circuit opaque, peu importe. Roi, client, vous vous asseyez… Puis, satisfait, enthousiaste, déçu, ulcéré, trahi, vous avez consommé une heure et quart de service. Vous avez oublié dans le meilleur des cas que vous étiez là pour juger la prestation, avoir un avis, vous flottez encore dans la belle histoire qui vous a remué. Vous partez et c’est fini. C’est pourtant là que tout se joue pour les producteurs, les comédiens, pour les succès à venir : c’est une remarque que je me permets d’infliger aux théâtres éventuellement affligés par ma prétention de publicitaire. Vous pouvez vous boucher le nez, dans deux minutes vous en saurez plus. Dans la com’, il y a un « avant l’acte d’achat ». Ici, c’est un folklore rodé. D’abord investir dans le catalogue du OFF (obligatoire et scandaleusement cher), poser et renouveler les affiches après le mistral, alpaguer le chaland sous le cagnard au bruit des cigales (déchaînées cette année), bref, chacun a sa chance selon sa résistance. Les compromissions avec les journalistes et les réseaux comptent aussi, c’est classique. Par contre, en revanche, nonobstant, le service après-vente nous laisse tous, nous spectateurs, sur notre faim. Dans la com’ moderne, il y a surtout un « après ». Un petit mot sur scène au moment du salut ne suffit pas. Ouhou ? Voulez-vous que ça marche ? Pourquoi personne n’attend les spectateurs à la sortie ? C’est un non-sens. Quand on sait ici l’importance du bouche à oreille… La troupe encore habillée devrait être là, au contact, écouter les avis, serrer des mains, claquer des bises, faire cadeau d’elle-même, et même monter dans les gradins avant que les gens ne sortent. Les marques, les grandes enseignes l’ont compris, alors pourquoi pas vous, qui êtes plus fins ?

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Frédéric Boucaumont. Publicitaire, ancien président de Radio Campus Paris.

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