19 juillet 2015

Veni, vidi…

Britannicus
Jean Racine | Laurent Domingos

Britannicus

Il est des spectacles « verts » (désolé pour les superstitieux !) où vous sentez qu’il manque quelques représentations, des choix plus clairs, plus réfléchis. Pour résumer, où il manque du temps. Soyons franc, cela a été mon premier sentiment.

Passons sur l’histoire de ce classique que nous avons tous lu à l’école et commençons par le début : une danse exécutée dans la pénombre, censée nous narrer l’enlèvement de Junie par Néron… Pas évident. Puis Agrippine et Albine ouvrent le bal sanglant ; elles se touchent, se caressent, s’embrassent. Tiens ! Il faut vraiment que je relise le texte ! Il faut dire qu’on se touche, se caresse et s’embrasse beaucoup dans cette mise en scène (Narcisse et Néron ne sont pas en reste…) ; et bien entendu entre personnes du même sexe. Cela fait-il plus moderne, plus contemporain ? Pas sûr.

L’Histoire nous a déjà raconté ce que furent d’actes cruels et lubriques ces quatorze années de règne par Néron. Fallait-il donc par ces choix de direction d’acteurs nous tenir à ce point par la main et, je cite : « … nous rendre ces informations accessibles au-delà du vers racinien ».

Admis ces partis pris et un démarrage un peu difficile, dû aussi à la « prise en charge » timide au début de la langue de Racine, le spectacle prend son envol et arrive à nous captiver. La mécanique implacable de l’histoire se met en branle et file inexorablement sa route vers le chaos, la destruction et la mort. La scénographie est une réussite, la structure, arachnéenne et imposante, semble tout droit sortie du cerveau d’un Giger. De la distribution juste et homogène se détachent cependant Kimiko Kitamura, formidable Junie, et Guillaume Blanchard, à la fois perfide Narcisse et loyal Burrhus. Ce dernier passe d’un rôle à l’autre avec extrêmement d’intelligence et de talent et n’avait d’ailleurs probablement pas besoin de ce « petit truc » de changement de costume pour devenir ange ou démon.

Une œuvre comme celle-ci impressionne, mais l’équipe la porte avec enthousiasme et envie !

I/O n°117

IO n°117

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