« Un festival, c’est un lieu qui doit sa magie à l’attente, aux attentes qu’il suscite et qu’il nécessite. On attend pendant des mois de descendre enfin à Aix pour commencer les répétitions. En réalité, on attend pendant de longs mois en bâtissant le projet brique après brique. J’aime cette attente qui peut durer des années. Je me souviens d’avoir longuement attendu l’été 2013, et la création de l’“Elektra” de Strauss mise en scène par Patrice Chéreau. L’attente fut à la mesure du choc vécu ensuite, lequel a laissé place à un souvenir qui s’éloigne inexorablement aujourd’hui. On attend beaucoup pendant les répétitions aussi. Que l’effet technique soit refait en mieux ; que le chef ait donné ses indications aux chanteurs ; que le spectacle prenne forme. Et puis il y a l’attente avant que le spectacle commence. Pour les spectateurs du Festival d’Aix, cette attente est généralement nonchalante, sur les terrasses alanguies de la vieille ville, sur la place de l’Archevêché grouillant de monde… Mais qu’est-ce qu’on attend, vraiment ? Un moment d’éternité, fugace et marquant. Une émotion forte, qui vous transformera aussi un peu. Un moment de grâce, où le quotidien s’évanouit l’espace d’un instant, où le spectateur-auditeur sort de lui-même, arraché à sa banale condition. On attend tout cela. On attend beaucoup. Et l’on a raison d’attendre. »
15 juillet 2016
Alain Perroux : « Qu’est-ce qu’on attend ? »
Chrysoline Dupont
Après 2 années auprès de Gerard Mortier à l’Opéra national de Paris en tant que chargée de mission, j’ai rejoint, en 2009, l’équipe de Bernard Foccroulle au sein du Festival d’Aix-en-Provence. Depuis mars 2015, je suis déléguée artistique de l’Orchestre de chambre de Paris.
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10 juillet 2016


