21 juillet 2016

Balaise Blaise

Braise et cendres
Blaise Cendrars | Jacques Nichet
(c) Vincent Lacotte
(c) Vincent Lacotte

Jacques Nichet est un homme de fidélité. Qualité plus que rare en ces temps ! Qu’il dirige la troupe du théâtre de l’Aquarium, le CDN de Montpellier, de Toulouse ou aujourd’hui une compagnie indépendante, il défend depuis cinquante ans les grands poètes, les langues nouvelles et les styles exceptionnels. D’une grande érudition, ce normalien sait disséquer les plus grands textes de la littérature et du théâtre. Aujourd’hui, il le prouve une fois encore en présentant un travail autour de Blaise Cendrars, fort bien défendu par Charlie Nelson. « Braise et cendres » est un spectacle d’une grande épure (qui n’est pas la simplicité). Ce qui « demeure » en scénographie, en direction d’acteur (et aussi en son et en lumière) est densifié par le renoncement aux effets inutiles. Tout l’inverse de la mode actuelle, qui multiplie les effets inutiles au détriment du sens et de la profondeur. Le choix des textes de Cendrars est passionnant parce qu’il fait (re)découvrir cet immense auteur du xxe siècle, d’une humanité exacerbée et d’une sensibilité bouleversante. Seuls les grands acteurs peuvent incarner cette langue : Jean-Quentin Châtelain l’an passé dans un passage de « Bourlinguer », aujourd’hui Charlie Nelson. Avec une bougie, une chaise et une toile, ce dernier nous emmène dans les voyages intérieurs et géographiques de ce poète d’exception. Une heure de vrai théâtre (c’est-à-dire sans vidéos ni vociférations gratuites). Une heure à déguster, et dont il s’agira de se souvenir au cours de soirées du IN plus… difficiles.

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