26 septembre 2016

« Ouvrez la frontière ! »

Pièce d’actualité n° 3 81 avenue Victor Hugo
Barbara Métais-Chastanier | Camille Plagnet | Olivier Coulon-Jablonka
© Willy Vainqueur
© Willy Vainqueur

« Ouvrez la frontière ! » C’est par ces mots que se clôt la pièce d’Olivier Coulon-Jablonka, spectacle tribune, spectacle politique. Ils sont huit à scander ce slogan sur la scène du théâtre des Abbesses. Des hommes dont on comprend vite qu’ils ne sont pas des acteurs mais que leur présence sur scène relève d’un acte militant. Tous sont immigrés, exilés, sans papiers et viennent nous dire leurs histoires, leurs parcours, souvent tragiques, mais portés par l’espoir d’une vie plus heureuse que celle qu’ils ont quittée, en Afrique, au Moyen-Orient. Mer traversée, désert à franchir, la faim, la peur, les passeurs véreux… Les histoires nous sont dites par ceux qui les ont vécues. En vrai.

France, terre d’accueil ? C’est dans l’agence Pôle emploi désaffectée de l’avenue Victor-Hugo que le metteur en scène et son équipe ont rencontré ces hommes, membres d’un collectif militant et solidaire, sans papiers, clandestins, travailleurs au black. Sur commande du Centre dramatique national d’Aubervilliers, le metteur en scène a pensé un spectacle qui porte sur scène ces huit paroles, qui éclaire ces huit personnes que la société condamne à demeurer invisibles. Le théâtre est terre d’accueil. Pleins feux sur les sans-papiers devant un public attentif.

Et c’est un nouveau genre théâtral que propose Coulon-Jablonka. Ni spectacle ni pièce. Le projet se regarde comme un théâtre documentaire, vivant, journalistique, construit sur la matière qu’offre le périple de ces vies d’hommes. Les gestes sont simples, les hommes racontent, face au public, qui écoute, regarde. Le décor se limite à un espace neutre, quelques chaises, un matelas, un réchaud, atmosphère de squat. Le propos est simple : donner à voir, à entendre une réalité sociale et humaine sur scène face à nous, sans artifice. Le spectacle évite l’écueil de la bonne conscience, par un théâtre vérité, direct, militant.

Chrysoline Dupont

Chrysoline Dupont

Après 2 années auprès de Gerard Mortier à l’Opéra national de Paris en tant que chargée de mission, j’ai rejoint, en 2009, l’équipe de Bernard Foccroulle au sein du Festival d’Aix-en-Provence. Depuis mars 2015, je suis déléguée artistique de l’Orchestre de chambre de Paris.

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