29 janvier 2016

Les pauvres sont-ils vraiment tous les mêmes ?

La Loi du plus fort + Les pauvres sont tous les mêmes
Marielle Pinsard

Capture d’écran 2016-02-06 à 11.47.36

Assurément lucide et provocateur, le regard sur la société de l’artiste belge Marielle Pinsard ne manque pas d’acidité. Elle se moque des problèmes de « riches » et des problèmes de « pauvres ». Après tout, cela dépend du point de vue que l’on adopte.

Pièce 1 – La Loi du plus fort. Dans sa joute contre la consommation,  l’homme ressort toujours perdant. Nous sommes incapables de résister aux tentations de la publicité (soit dit en passant néo-colonialiste quand il s’agit de chocolat), comme nous l’explique Piera Honneger. Seule devant son micro, elle raconte ses maintes tentatives de promenades toujours interrompues par… Monoprix. A questions existentielles, réponses goguenardes. A la manière d’un chœur antique, Marcin de Morsier aux platines, à la guitare et au chant, accompagné de la voix de Marielle Pinsard commentent ces confessions avec beaucoup d’humour. Les hommes sont décidément détraqués et avec eux on en rit.

Pièce 2 – Les pauvres sont tous les mêmes. Et la provocation facile. Quand trois amies débarquent sur scène pour faire du sport comme si elle s’étaient trompées de salle, qu’elles débitent des naïvetés sur les pauvres et les solutions aux problèmes sociétaux, le tout comme dans un sketch improvisé, on se dit que cette forme souple dessert plus le propos qu’elle ne le porte. Bien sûr que l’intolérance des personnage et leurs amalgames nous dérangent (pauvre ne veut rien dire et migrant n’est pas synonyme de réfugié), mais de là à dire que nous sommes confrontés à nos propres tabous… C’est plutôt l’ennui qui efface tout autre sensation, car le texte est creux et les enjeux soulevés trop banals pour un sujet de taille. Et c’est bien dommage quand on a la plume et le caractère de Marielle Pinsard.

Moralité ? Les textes, la mise en espace et le jeu sont inégaux. Et le dindon de la farce n’est, quant à lui, pas toujours celui qu’on croit.

I/O n°117

IO n°117

ANNONCE

À LIRE

FACEBOOK

Derniers articles de Floriane Fumey

Al Atlal, chant pour ma mère

Icône populaire, encore aujourd’hui quarante-deux ans après sa mort, Oum Kalsoum est convoquée une fois de plus pour faire écho à la douce nostalgie d’un pays perdu et à la fierté d’être Arabe. Nora Krief s’empare, en hommage à sa mère, de ce poème d’Ibrahim Nagi interprété par la chanteuse
12 janvier 2018

Oussama, ce héros

On se demande ce qui pousse ce jeune collectif lyonnais à jouer une histoire si sordide tous les soirs. On se demande aussi comment ils font pour supporter la tension qu’ils installent sur la scène. Le questionnement du climat de peur général et de la banalisation de la haine de
5 janvier 2018

Tonnerre

En septembre dernier au Théâtre de Ménilmontant se tenait les Floréales Théâtrales, festival parisien engagé pour le théâtre contemporain émergeant. L’axe « citoyen du monde » donnait le ton à cette troisième édition, ouverte avec une commande passée par le festival à la compagnie Hesperos. Pour aborder cette thématique actuelle, les jeunes
15 novembre 2017

Dystopie au TNG

Alors qu’une voix artificielle récite les vers intemporels de « Hamlet », un bras de robot mécanique déplace précautionneusement sur une table des petits personnages. L’image est cocasse. Façon théâtre d’objet moderne, Joris Mathieu imagine un monde où les humains auraient intégralement disparu. C’est ainsi, avec son humour bien à lui, qu’il
14 juin 2017

Iliade – épisode 9. La mort d’Hector

Ancienne bourse au cuir parisienne, le Théâtre Paris-Villette garde les stigmates de son histoire dans les arches de pierres taillées et les plafonds ouvragés. Y entendre le récit d’Homère dans la bouche d’anciens détenus du Centre pénitentiaire de Meaux impose de fait un imaginaire chargé d’histoire(s). Au commencement, afin d’apaiser
17 mai 2017